Blog Bo Shevat 6, 5779 בלוג בֹּא, ו’ שבט תשע”ט

Bo signifie “viens”, pas “va”. Avec ce mot simple, le Créateur faisait savoir à Moshe qu’il était avec lui et l’accompagnerait, lorsqu’il ira vers Pharaon. C’est une belle figure image, pour nous montrer que, nous ne sommes jamais seuls. Il n’est pas dans mon intérêt de comparer les religions ; Nous devons, plutôt travailler à développer, une relation avec le Créateur, en nous inspirants des enseignements, que nous retrouvons à travers la Torah. Le créateur est toujours avec nous. Gardant cela à l’esprit, les versets 3 et 7 d’Exode 10, contiennent une phrase intéressante « ad matai », -מָתַי littéralement « jusqu’à quand » ou combien de temps encore ? La première fois, c’est quand Moshé demande à Pharaon « combien de temps encore refuseras-tu de te soumettre à moi ? » Et la seconde fois, lorsque ses propres responsables lui demanderont « combien de temps encore serez-vous, vous laisser, malmené par cet homme ».

Il est très important que nous apprenions à nous connaître nous-mêmes. Quand je fais des rencontres de conseil prénuptial, je demande habituellement au jeune couple : « À quel point vous connaissez-vous, vous-même ?» Cela les déroute, mais si vous y réfléchissez, il est souvent plus facile de parler des autres que de soi-même. Il est difficile d’être objectif avec nous-mêmes, car la plupart d’entre nous ne penserions jamais à faire, quelque chose de mal ou de mal intentionnellement aux autres. Il se produit ensuite des circonstances, dans lesquelles nous sommes obligés, de poser des questions et de vivre avec notre comportement personnel. Nous ne pourrons jamais respecter les normes établies, par les autres pour notre propre vie, et nous devons arriver à un moment, où nous nous humilions devant notre Créateur, en admettant nos faiblesses.

Psychologiquement, l’un de nos plus grands ennemis, est l’orgueil ; c’est un virus contagieux. La plupart d’entre nous préférons garder une façade plutôt que de laisser les autres, nous voir tels que nous sommes. Nous préférons l’acceptation et même l’adulation des autres. Nous pourrions devenir comme des ballons flottant hauts, dans le ciel où nous méprisons les autres. Puis un jour, le Créateur prend une épingle et fait éclater notre bulle. Nous tombons à plat sur le sol, espérons-le, pas sur nos visages mais sur notre dos afin de pouvoir le regarder. Nous passons alors de l’état de l’être plus saint, vers un état de l’être humble, devant le Créateur qui nous parle. Lorsque les autres essaient de nous dire comment nous sommes, la plupart du temps, nous ne les entendons pas. Il faut du cran, pour approcher ceux que nous aimons, afin de leur parler honnêtement, d’un mauvais comportement, tout en craignant, une réaction, qui est imprévisible. Il est plus facile d’en parler à d’autres, mais faites attention de ne pas lancer un commérage. Une bonne communication est toujours importante et bénéfique pour les deux parties. Il est nécessaire d’écouter lorsque, quelqu’un nous dit que, ce que nous faisons est mauvais. Les propres serviteurs de Pharaon l’ont interrogé “ad matai”… “Laissez-les aller adorer leur Dieu, vous ne réalisez pas que l’Égypte est détruite ?” La fierté et l’entêtement nous aveuglent.

Nous avons tous un peu de Pharaon en nous. Pensez à cela… même Pharaon était un enfant de Dieu, créé à son image et à sa ressemblance ! Il a fait les mauvais choix. Selon les termes de la Torah, il semble que le Créateur n’ait pas permis à Pharaon d’exercer son libre arbitre, mais plutôt qu’il a endurci le cœur de Pharaon. Ce n’est pas le cas. En réalité, la volonté ou la résolution de Pharaon était renforcée ou empirée par son propre entêtement ; il ne voulait pas changer d’avis. Le péché commence de manière très modeste, mais si nous n’arrêtons pas notre comportement au tout début, nous sommes pris à partie soit parce que nous voulons être accepté par les autres ou par notre propre obstination. Nous essayons de garder les apparences.

Il arrive un moment où nous devons faire le point, une sorte d’auto-examen, en nous regardant au fond de nous-même. Et c’est dans ces moments, qu’entre en jeu, la prière. La prière en hébreu est un tefila ילה et elle implique une introspection afin de révéler nos problèmes, en admettant que nous sommes faibles et que nous ne pouvons pas les surmonter seuls. Nous ne pourrons jamais obtenir de l’aide avant d’être prêts à l’admettre nous-mêmes. “Ad matai”, Jusqu’à quand, allons-nous continuer avec les masques de façades, avant de les laisser tomber et d’obtenir de l’aide. L’attitude « Je ne me rendrai jamais » est un désastre pour nos vies. Le moment où nous reconnaissons nos limites, est le moment où nous commençons à grandir. Pharaon a refusé de bouger.

Êtes-vous prêt à apporter un changement révolutionnaire à votre propre vie… à être vous-même ? De quoi as-tu peur ? Nous sommes de parfaits imbéciles, si nous pensons pouvoir, résoudre nos propres problèmes seuls. Savez-vous, ce que cela signifie de vous humilier devant Dieu ? Cela signifie simplement de reconnaître à la fois qui, lui il est et qui vous, vous êtes. Il ne s’agit pas de toutes les traditions et pratiques religieuses que vous gardez et qui sont vides sans intention de cœur ! Rappelez-vous le processus dans notre marche avec le Créateur : nous passons d’emunah – אמונה – foi (Son cadeau à nous) à bitachon – בטחון – apprendre à lui faire confiance lorsque nous utilisons notre bechirah chofshit – בחירה חופשית – libre arbitre » (un autre cadeau de Lui) d’assumer la responsabilité de nos choix ; Il juge ensuite notre kavanah – ונה, les intentions de nos cœurs. Notre grand professeur, le rabbin Yeshua, nous a appris l’importance des intentions ; par exemple, quand il a dit que convoiter quelqu’un est la même chose que le faire. Tout commence par nos intentions.

Pharaon avait la tête dure et maintenait sa position, permettant ainsi de tout détruire en Égypte, même au sein de l’élite de sa propre armée, lorsqu’il avait pourchassé les Israélites après les avoir expulsés du pays. Veuillez noter qu’Israël n’a jamais demandé à être délivré d’Égypte ; ils ont été expulsés préférant rester sur place, espérant que leur sort s’améliorerait. « Ad matai » était également destiné à Israël. Jusqu’à quand s’abandonneraient-ils complètement au Dieu d’Abraham, Isaac et Jacob ? L’assimilation est donc le principal problème d’Israël, comme il l’a été au cours de notre histoire. Ils étaient absorbés par le mode de vie égyptien et devaient être physiquement enlevés. Ils n’oseraient pas proposer un agneau en Égypte par crainte de représailles. Maintenant, ils seraient obligés de le faire pour pouvoir être sauvés du dernier fléau. Il y a un prix à payer pour suivre le Créateur ! Nous et nos enfants ne serons pas populaires dans notre environnement, si nous devons défendre les valeurs de la Torah. Rien de grande valeur n’est gratuit. Sommes-nous disposés à investir dans notre vie, avec le Créateur ? Il continue à nous demander « ad matai », combien de temps attendrons-nous jusqu’à ce que nous soyons purs devant Lui ? Est-ce que nous préférons jouer le jeu de la « sainteté » devant les autres en gardant une façade ? Ad matai – Jusqu’à quand ?

Ranebi

Edité par Peggy Pardo

Traduction Muriel Koucoi